• bouton
  • bouton
  • bouton
  • bouton
  • bouton
  • bouton
  • bouton
  • bouton
Bonjour Invité

  • Connexion
  • S'enregister
  • Recherche
  • Agenda
  • Liens
  • Chat
  • Contact
  • Boutique
  • Blog de Robin
  • A propos
  • Forum

"Un jour, il n'y aura que toi et moi; alors nous chasserons, nous mangerons et nous dormirons - et tu guériras."
Oeil-de-nuit

  Annonceurs

Developper le menu Nouveautés

  • Marches du t...
    vignette
  • Roues du des...
    vignette

Developper le menu Dernière News

  • Une interview de Robin...
  • Les couvertures améric...
  • Dragon Haven
  • Couverture US de Drago...
  • Le retour du blog

Developper le menu Galerie

  • Okilea
    vignette
  • Le Fitz et l...
    vignette

Developper le menu Encyclopedie

  • coffre à rêves
  • Patience
  • Kettricken
  • Molly
  • Guillot

Developper le menu Partenaires



  • icone   Interview
[ print ][ com ]
  • Interview :
  • Accueil
  • rechercher
  • Index

Paul Kearney répond à nos question (2006)

Interview de Paul Kearney publiée le 16-08-2006 à 12:23
Encore une interview exclusive rien que pour vous ! Cette fois c’est l’auteur de l’excellente série les Monarchies divines : Paul Kearney qui répond à nos questions.Interview réalisée par Elise et traduite par Serpent blanc. Merci a Pat http://fantasyhotlist.blogspot.com/ qui nous a permis d'obtenir cette interview.
 
    1 - Pouvez-vous, SVP, nous raconter comment vous êtes devenu écrivain?

    Quand j’étais encore à l’école, j’avais écrit une histoire de la taille d’une nouvelle. De la Sword&Sorcery typique. C’était bon à jeter mais cela m’en a beaucoup appris sur le rythme, l’intrigue etc…Puis, à l’université, j’ai été faire de l’escalade sur l’Île de Skye et j’ai inventé le personnage de Michael Riven, l’ex-soldat estropié et écrivain qui se retrouve dans le monde de ses propres livres. J’ai écrit la moitié d’un livre et l’ai envoyée à un agent. L’agent l’a refusée. Je l’ai de nouveau envoyée. En tout, je l’ai envoyée 5 fois avant que John McLaughlin, mon agent actuel, n’exprime un intérêt et ne demande à voir le reste du livre. J’ai donc écrit la seconde moitié du récit en 6 semaines environ et la lui ai postée, les mains humides de sueur. Il l’a aimée et l’a transmise à Gollancz qui l’a publiée. C’était il y a 15 ans, et j’ai écrit à plein temps depuis.

    2 - La Fantasy à une place à part entière dans la littérature et la culture anglo-saxonne, mais en France, l'intérêt pour ce genre est encore récent et suit la vague "Harry Potter" et "Le Seigneur des anneaux". Elle peut encore souffrir d'à prioris négatifs. Que répondez vous a ceux qui considèrent la Fantasy comme un sous genre littéraire, un genre pour enfant, voire comme une simple extension de la science-fiction?

    La Fantasy est l’une des formes de littérature les plus anciennes, qu’est-ce que l’Odyssée sinon de la Fantasy ou les récits épiques tels que Gilgamesh ou Beowulf ? Les gens portaient un intérêt aux héros, dragons et magiciens bien avant que, ce que la plupart des intellectuels appellent la ‘littérature’ ne fasse son entrée en scène. En réalité la Fantasy est de fait la plus ancienne forme de littérature, elle descend d’une tradition orale aussi vieille que l’humanité et partage ses racines avec la poésie. La qualifier d’enfantine est tout simplement absurde. Est-ce que "1984" ou "La servante Ecarlate" de Atwood sont puérils ? Il existe un snobisme exaspérant inhérent à l’institution de la littérature moderne qui confond son habileté consciente avec le vrai talent.

    D’un autre côté, et je suppose que je dois être équitable là dessus, la Fantasy actuelle à tendance à tendre le bâton pour se faire battre. Les éditeurs veulent le prochain best-seller, et comme le dernier best-seller en Fantasy est presque toujours un blockbuster aux multiples tomes rempli de magie épique et de héros sans défauts, c’est dans une certaine mesure ce qu’ils obtiendront. Et beaucoup de Fantasy de cette sorte publiée aujourd’hui n’est qu’un radotage absolu. Mais, et c’est là que ça fait mal, c’est du radotage qui se vend. Aussi longtemps que le lectorat de Fantasy se cantonnera au ghetto de clones de Tolkien et continuera de les prendre des rayonnages, ils ne verront jamais leur genre traité avec le moindre respect. Et là, je lève la main et dit 'Mea culpa' avec les autres coupables, car j’ai craché de la série multi-volumique en chœur avec les meilleurs d’entre eux.

    3 - Que pensez-vous du rôle du traducteur dans une oeuvre ?

    D’être fidèle à l’original d’abord et avant tout. D’une certaine manière, traduire me semble aussi difficile que d’écrire l’original. Comment conserver la saveur d’un certain auteur ? Comment tamiser ses petites habitudes, le son de sa voix, à travers le spectre qu’une langue entièrement différente? Quand je pense à quel point je patauge dans les nuances de mots en anglais, je frissonne en pensant à ce qu’un traducteur doit traverser pour faire ressortir ces nuances dans une autre langue. Mais c’est ce qu’il doit faire. Il ne s’agit pas simplement de substituer un verbe à un autre, c’est un processus incroyablement subtil, qui à sa façon est aussi alchimique que l’écriture originelle du livre.

    4 - Vos livres sont de la "Fantasy" et cela semble être votre genre de prédilection. Pensez-vous un jour écrire dans un autre genre littéraire?

    Oui, du moins je l’espère. Dans mes 3 premières nouvelles, l’environnement fantastique faisait irruption dans le monde réel, notre propre monde. La création des scènes se déroulant dans notre univers était de bout en bout aussi satisfaisante pour moi que les éléments fantastiques, et au moins un critique a trouvé que les scènes dans le ‘vrai’ monde étaient plus convaincantes que les scènes Fantasy. Alors oui, j’aimerais écrire une histoire en littérature générale un jour, mais avec un élément de fantastique dedans. J’aimerais aussi m’essayer à la fiction historique car j’ai piqué des éléments historiques pour alimenter ma machine à écrire pendant des années.

    5 -Quelles sont vos sources d'inspiration ? (Auteurs, événements etc...)

    Ma 1ère nouvelle à été inspirée de mes voyages d’escalade à l’île de Skye en Ecosse, et la Skye de cette nouvelle (The way to babylon) est exactement comme la véritable Skye était, jusqu’aux personnages locaux, aux itinéraires, au chalet dans lequel j’ai dormi. Toute ma vie j’ai fait de l’équitation, marché dans les montagnes et pendant 9 ans j’ai été officier à l’armée. Ces activités s'infiltrent dans tout mon travail parce que je me sens à l’aise avec elles. Je parle de choses dans lesquelles j’ai de l’expérience.
    De même, quand j’ai vécu aux USA, j’ai participé à une reconstitution en tant que soldat de la Civil War Union, utilisant des armes fonctionnant à la poudre noire. Les reconstitutions en Amérique peuvent être d’énormes évènements. Au 125ème anniversaire de la bataille de Antietam dans le Maryland en 1997, 16000 personnes ont participé, avec 70 cannons et 400 cavaliers. Je sais donc ce que ça fait de se tenir dans une ligne de tir. Je sais ce que ça fait d’entendre un barrage d’artillerie. Je connais le goût de la poudre à explosif, car j’en ai eu plusieurs fois dans la bouche lorsque je mordais le bout des cartouches en papier en rechargeant mon mousquet.
    Je pense que ces expériences sont infiniment précieuses pour quiconque écrit à propos de ce genre de choses, qu’elles fassent partie ou non d’un décor Fantasy. Même dans un cadre Fantasy, les hommes suent et jurent et marchent à la même vitesse que dans le monde réel. Bien sûr les livres m’inspirent aussi, et l’Histoire. Je suis un peu une sorte d’historien militaire amateur et un wargamer (personne jouant à des jeux de stratégie). Quand j’écrivais les Monarchies, je n’arrêtais pas de me dire, comment ceci serait présenté dans un vrai livre d’Histoire ? Comment devrais-je placer ces éléments ? A quel point sont-ils plausibles à un niveau plus élevé ?

    6 -De quelle manière travaillez-vous? Suivez-vous un plan bien établi ou vous arrive-t-il quelques fois de changer de direction en cours d'écriture?

    Je me lève le matin, je promène les chiens le long de la plage, je rentre, je me fais un café italien fort, j’allume ma pipe et l’ordinateur. J’essaye de maintenir un certain nombre de mots par semaine et si je n’arrive pas au compte un jour, je dois me rattraper le lendemain. Si vous pouvez écrire, vous pouvez écrire tout le temps. C’est certainement plus facile quand vous vous sentez ‘inspiré’, mais vous pouvez toujours écrire quand vous ne vous sentez pas bien, c’est juste plus dur, c’est tout. Pour être professionnel dans ce métier, vous ne pouvez pas choisir les jours où vous écrirez 10 pages ou 10 lignes, vous devez garder un flot continu, particulièrement lorsque la date limite approche. Pour ce qui est de l’intrigue, avec les Monarchies, j’avais l’histoire entière en tête du milieu du premier livre environ jusqu’à la fin. Avec un panel de personnages aussi grand et des évènements affectant des continents entiers, ce n’était pas le genre de livres que l’on pouvait inventer au fur et à mesure de l’écriture. Je me suis autorisé certaines options néanmoins. Jusqu’au bout, je ne savais pas qui mourrait ou survivrait et comment certaines batailles se termineraient. Je ne peux pas avoir une certitude d’acier totale par rapport à l’intrigue car cela finirait par m’ennuyer. C’est un sentiment fantastique lorsque vous êtes lourdement impliqué dans l’écriture de votre livre et que soudain un personnage fait quelque chose que vous n’aviez pas prévu : le personnage à pris vie sous vos mains et dirige à présent ses propres actions. C’est à ce moment qu’écrire l’histoire est aussi amusant que de la lire et vous écrivez surtout pour découvrir ce qui va se passer…

    7 -Vos livres sont courts alors que la mode actuelle est aux gros pavés, est-ce un choix délibéré?

    J’apprécie un bon livre bien épais comme tout un chacun, mais je ne me lance pas dans des pages et des pages de descriptions. Tout comme je n’aime pas avoir des personnages qui se tiennent là et discutent plus que nécessaire, même si ça peut être drôle. Je déteste la verbosité. Si mon style s’est développé de quelque manière que ce soit cette dernière décennie, je dirais que je rogne beaucoup plus ce que j’écris aujourd’hui que je ne le faisait auparavant. J’aime raconter une histoire, la raconter de manière directe, sans détails inutiles et la faire avancer à une allure décente. Pour ce faire, je n’ai pas besoin de digressions ou d’une myriade d’intrigues secondaires. C’est simplement ma personnalité je suppose. On m’a dit que mes ventes en souffrent, car beaucoup de lecteurs choisissent leur prochaine lecture en fonction de l’épaisseur de la tranche. Je souhaiterais que ce soit faux, mais j’ai un suspicion sournoise qui me dit qu’il y a du vrai là dedans. C’est la part sombre de l’héritage de Tolkien.

    8 -La religion et le fanatisme qui en découle ainsi que l'opposition orient/occident, sont des thèmes forts dans les Monarchies Divines, on ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec notre monde actuel, est-ce volontaire ? Est-ce quelque chose que vous vouliez dénoncer ?

    Je crois que la religion organisée est l’un des plus grands maux que l’Homme ait jamais inventé. Je parle ici de la religion, pas de la Foi. J’avais été invité à faire une conférence en Israël il y a quelques années, et dans mon discours, j’ai dit que je pensais que chaque homme devrait être libre de croire en ce qu’il veut aussi longtemps que ses croyances ne font de mal à personne. Le public, Israéliens comme Palestiniens, a acclamé ces paroles. Cependant, une fois sorti de l’auditorium j’ai été saisi au collet par un gars aux yeux exorbités qui m’accusait d’être anti-islamique. La vérité serait plutôt que je suis ‘anti’ toute forme de religion qui tente de rendre un homme meilleur qu’un autre. J’ai grandi avec les troubles en Irlande du Nord et je suis né catholique mais j’ai rejoint l’armée Britannique à 18 ans ou moins, pour ce que ça change. Dans ce sens, je me suis mis en dehors des 2 camps dans ce conflit et j’ai grandi en finissant par les mépriser tous les deux. Dans les Monarchies, j’ai voulu décrire une guerre de religions qui était au final, inutile, comme le sont toutes les guerres de ce genre. Je pensais aussi au conflit Bosniaque en écrivant et à sa sauvagerie pour la sauvagerie. Néanmoins, je ne suis pas pour autant un pacifiste. Je pense qu’il y a bien des endroits sur cette planète qui bénéficieraient de quelques lâchers de bombes, il ne s’agit simplement pas des endroits qui intéressent la plupart des libéraux à tendance gauchiste.

    9 -Vous semblez très calé en termes de nautisme et cela transparaît dans votre oeuvre, quelles recherches avez-vous du effectuer à ce sujet pour l’écriture de vos romans ?

    Il y a 4 ans, j’ai reconstruit une vieille maison au bord de la mer, et je veux vraiment dire au bord de la mer. Durant les nuits de tempête, les vagues en frappent souvent la façade. Maintenant, j’ai un petit bateau à voile sans voiles que je suis doucement en train de remettre en état. Mais mon intérêt pour la voile a véritablement débuté avec les livres de Patrick O Brian. C’est sans doute mon romancier favori, un auteur de génie. Simplement en lisant et relisant son œuvre, j’ai commencé à acquérir un savoir de seconde main sur les bateaux et la mer. Habiter au bord de la mer aide aussi car je la vois dès que je lève la tête de mon clavier. Elle est là, infinie, éternelle, toujours la même mais jamais identique. En l’observant jour après jour, je connais à présent les horaires des marées, les couleurs des eaux, l’espace entre les rochers, les chenaux cachant des courants violents. On peut devenir aussi familier d’un pan d’océan que d’un morceau de campagne. Je trouve cela fascinant et j’aime l’idée d’ajouter cet ingrédient dans un de mes livres.

    10 -Quel est le personnage des Monarchies Divines sur lequel vous avez eu le plus de plaisir à écrire et pourquoi?

    Corfe. Il n’était pas sensé devenir le personnage principal, c’était le boulot de Hawkwood, mais une fois qu’il est apparu il n’a tout simplement pas voulu s’effacer. Son histoire m’a attirée et sa personnalité était si riche, il était si agréable de travailler avec, et les situations dans lesquelles il se retrouvait étaient tellement contraignantes, que j’ai juste fini par lui confier le livre et son intrigue. De tous mes livres il reste toujours mon personnage favori, ce qui explique sans doute pourquoi je pense que je lui fait subir certains des évènements les plus durs, simplement pour la joie de l’observer y réagir.

    11 -Votre nouvelle série "The sea beggars" se passe-t-elle dans un tout autre monde que celui des Monarchies Divines? Si c'est le cas, n'a-t-il pas été difficile de tout réinventer (univers, cultures, lieux etc.) ?

    Pas difficile du tout en réalité. En fait, c’était libérateur. J’ai dessiné une nouvelle carte, je commence toujours avec la carte, et le reste suit à partir de là. Je n’ai pas essayé de reproduire la construction en profondeur épique du monde que j’avais fait pour Les monarchies. J’ai juste commencé à raconter l’histoire, avec un petit groupe de personnes dans une petite maison au bord de la mer, et le reste s’est graduellement révélé à moi au fur et à mesure que je continuais. Une construction de l’univers pas à pas pourrait-on dire. Comme j’écris, ce monde est encore en train de se dérouler et je suis comme un archéologue qui déterre des surprises antiques. Ce genre de chose est vraiment amusant, pour ce que c’était : un nouveau départ et une échelle et une voix narrative entièrement différentes. Dans « Beggars », je suis le destin d’un seul homme, juste un homme, et cela simplifie admirablement les choses.

    12 -Seriez-vous favorable à une adaptation cinématographique de vos oeuvres? Est-ce en projet ?

    Absolument. Mon frère et moi avons travaillés sur une pièce basée sur ma seconde nouvelle “A different Kingdom” et nous avons eu des échos positifs de quelques compagnies cinématographiques. Nous avons un peu plus de bricolage à faire néanmoins. Ecrire un scénario est une discipline entièrement différente, et prends beaucoup plus de temps pour s’y habituer.

    13 -Comme vous le savez sûrement nous sommes un site dédié aux oeuvres de Robin Hobb, avez-vous déjà lu cet auteur? Si oui qu'en pensez-vous ?

    Ah, là vous me piégez. Je suis quelque peu honteux d’avouer que je n’ai jamais lu aucun livre de Robin Hobb. Pour ma défense, je peux seulement dire que je ne lis que très peu de Fantasy ou de fiction ces derniers temps. Quand vous en écrivez toute la journée, c'est la dernière chose que vous voulez feuilleter durant votre temps libre. J’ai tendance à lire beaucoup d’Histoire et de manuels techniques sur les bateaux et autres…ils m’aident à m’endormir le soir !


Voir les commentaires Voir les commentaires(3) réagir réagir à cette interview Envoyer à un ami Envoyer à un ami

Interview consulté 1064 fois

copyright

Le contenu de cette page est la propriété de rivages-maudits.com et/ou de son auteur. Il est interdit de le reproduire ou le modifier sans le consentement du webmaster ou de l’auteur. Pour tout renseignement, adressez-vous à un administrateur du site (page contact).



Annonceurs

le temps tourne
Traitement en cours, veuillez patienter...

© 2004-2008 tous droits réservés
Pour contacter le webmaster :contact@rivages-maudits.com
Accueil | News | Bibliothèque | Encyclopedie | Articles | Interview | Galerie | Forum | Agenda | Concours | Contact | A propos